Magali BIFERI
Coordonnatrice en MaĂŻeutique sur les centres hospitaliers de Toulon et de Hyères Le sens et le collectif au coeur de sa dĂ©marche RSE Cadre du pĂ´le de gynĂ©co-obstĂ©trique inter-Ă©tablissement, Magali pilote aujourd’hui les maternitĂ©s de Sainte Musse Ă Toulon et de l’hĂ´pital de Hyères, deux sites sĂ©parĂ©s par une quinzaine de kilomètres, mais dĂ©sormais rĂ©unis par une vision commune. « J’ai une fonction purement administrative, sur la stratĂ©gie, sur le dĂ©veloppement des projets », explique-t-elle. Très tĂ´t, elle sait oĂą elle va. « Depuis l’âge de 14 ans j’ai voulu ĂŞtre sage-femme, attirĂ©e par la naissance, ĂŞtre dans la vie, peut-ĂŞtre parce que construite enfant sur un deuil. » Ă€ 18 ans, elle intègre l’école de sage-femme de Marseille, choisit le service public et s’y engage pleinement. « Je n’ai jamais Ă©tĂ© déçue de mon mĂ©tier qui pour moi Ă©tait une vocation. » Cette vocation, elle ne l’a jamais abandonnĂ©e : elle l’a Ă©largie. MĂŞme lorsqu’elle accède Ă des fonctions d’encadrement, Magali confie avoir dĂ» faire « le deuil de l’aspect clinique, de moins ĂŞtre en liaison avec les patientes, les couples », sans jamais renier l’essence de son engagement.Après quatorze annĂ©es d’exercice et Ă un carrefour personnel, Magali choisit de se former, d’explorer d’autres horizons. « J’avais envie de renouveau, sortir de l’univers des sages-femmes. ». LĂ oĂą beaucoup choisissent le diplĂ´me de cadre de sage-femme de Dijon, Magali opte pour un Master en formation et encadrement dans le secteur sanitaire et social Ă Aix-en-Provence, en alternance. Une expĂ©rience marquante : « J’y ai rencontrĂ© des gens d’horizon très diffĂ©rents… une expĂ©rience très riche humainement. » Son engagement en matière de RSE a Ă©tĂ© naturel. « Des membres des Ă©quipes Ă©taient dĂ©jĂ dans cette dynamique mais ce n’était pas encore formalisĂ© au sein de l’établissement. » Lorsqu’un appel Ă projet de l’ARS se prĂ©sente, Magali dĂ©cide donc de se lancer. « Nous sortions d’un audit, montrant que nous Ă©tions en avance sur les soins notamment, mais en retard au niveau institutionnel. » Obtenir le label THQSE Ă©tait un nouveau challenge, «mais ça a Ă©tĂ© surtout une dĂ©cision d’équipe.» complète-t-elle. Convaincue, elle entraĂ®ne les deux maternitĂ©s dans l’aventure. « Je ne voulais pas que l’une se sente moins bien que l’autre. » L’obtention de ce label devient alors un formidable levier de dĂ©cloisonnement. Travail en inter-sites, groupes mixtes, temps de convivialitĂ© : les Ă©quipes se rencontrent, s’harmonisent, partagent protocoles et pratiques, malgrĂ© des rĂ©alitĂ©s structurelles très diffĂ©rentes. Pour rappel, l’un des Ă©tablissements a moins de 15 ans, rĂ©alise 3 000 accouchements par an en niveau 2B, l’autre 700 accouchements en niveau 1. Aujourd’hui, le matĂ©riel et les protocoles sont communs, permettant entraide et mobilitĂ© des professionnels.La mĂ©thode Magali ? L’intelligence collective et la confiance. « On ne peut rien faire seule. » Elle salue l’engagement des sages-femmes formĂ©es en santĂ© environnementale, des auxiliaires de puĂ©riculture crĂ©atives et engagĂ©es. Certaines n’ont pas hĂ©sitĂ© Ă se dĂ©guiser en poubelles de tri dans une vidĂ©o humoristique pour sensibiliser sans culpabiliser… Dernières rĂ©alisations et projets : ouverture d’un service d’urgences gynĂ©co-obstĂ©tricales Ă l’hĂ´pital de Toulon, extension de la salle d’accouchement avec deux salles supplĂ©mentaires et un espace physiologique ; rĂ©novation des chambres et de la salle d’accouchement Ă la maternitĂ© de Hyères.Son conseil : privilĂ©gier des actions adaptĂ©es aux Ă©quipes et porteuses de sens. « On peut s’inspirer bien-sĂ»r, mais pas imposer… » Sous l’impulsion de Magali, la dĂ©marche dĂ©passe largement la seule obtention d’un label : elle contribue Ă harmoniser les sites et Ă valoriser deux Ă©quipes dĂ©sormais complĂ©mentaires, engagĂ©es dans une dynamique commune. SecrĂ©taire gĂ©nĂ©rale de l’association C2DS, ComitĂ© pour le DĂ©veloppement Durable en SantĂ© Trouver du sens, servir une cause utile et faire bouger les lignes : c’est ce qui anime Karine depuis plus de douze ans au sein du C2DS, dont elle est aujourd’hui secrĂ©taire gĂ©nĂ©rale. Son parcours n’était pourtant pas tracĂ© d’avance. Après un DEUG LEA et un BTS Assistant de direction trilingue, Karine a travaillĂ© près de dix ans dans un cabinet d’architectes. « Ă€ un moment donnĂ©, je me suis mise en pause professionnellement : c’était une nĂ©cessitĂ© familiale, mais aussi une recherche de sens. Je savais ce que je ne voulais plus, sans encore savoir ce que je voulais. » Cette quĂŞte d’alignement l’amène Ă croiser la route du C2DS, alors en pleine refonte de sa base de donnĂ©es. « Je ne connaissais pas du tout le secteur de la santĂ©, mais ça ne me faisait pas peur ! Les valeurs portĂ©es par l’association et les objectifs qu’elle se fixait me parlaient vraiment beaucoup. » EmbauchĂ©e comme opĂ©ratrice de saisie, Karine comprend vite qu’elle pourra y mettre ses multiples compĂ©tences au service d’une cause collective. Douze ans plus tard, elle est devenue un pilier de cette structure engagĂ©e qui fĂ©dère près de 950 Ă©tablissements sanitaires et mĂ©dico-sociaux adhĂ©rents, avec plus de 3000 professionnels de terrain engagĂ©s au quotidien. Le C2DS repose sur un modèle Ă©conomique singulier : 90 % de ses ressources proviennent des adhĂ©sions. Une fragilitĂ©, certes, mais aussi une force. « C’est ce qui nous rend indĂ©pendants et libres.» Cette indĂ©pendance permet Ă l’association d’être audacieuse, de porter des sujets d’intĂ©rĂŞt gĂ©nĂ©ral tout en restant proche du terrain.Karine incarne cette dynamique collective. Elle pilote aujourd’hui l’animation de douze clubs mĂ©tiers. « 80 % de mon temps est consacrĂ© Ă la programmation de ces webinaires mensuel., on y invite des acteurs institutionnels tels que l’ADEME ou l’ANAP, mais on donne surtout la parole aux Ă©tablissements qui agissent. Les bonnes pratiques sont partout ! » Entre 30 et 40 participants de tous horizons se connectent Ă chaque session, dans une ambiance de partage et de bienveillance. « On Ă©change aussi sur les erreurs, ça fait gagner du temps. » Autre projet dont elle est fière : l’enquĂŞte “MĂ©dicament Ă l’hĂ´pital”, qui a mobilisĂ© 210 Ă©tablissements volontaires. « Cette action a permis de mesurer l’empreinte carbone des dĂ©chets issus des mĂ©dicaments et de donner des arguments chiffrĂ©s pour agir. » Autre rĂ©ussite : un index DM










