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Dans le cadre d’une démarche initiée par l’Agence Régionale de Santé (ARS) Hauts-de-France, la Maison d’Accueil Spécialisée (MAS) « La Bleuse Borne » d’Anzin, gérée par l’APEI du Valenciennois, a transformé une ancienne friche minière en un véritable îlot de fraîcheur arboré. Ce projet participatif et environnemental démontre avec brio comment concrétiser les engagements de développement durable au cœur du secteur médico-social.

 

Un projet né d’une dynamique transversale

L’idée a germé au sein de la Commission Développement Durable de l’Association. Portée par Rémi Cadoum, directeur de l’établissement, la MAS s’est fixé deux objectifs majeurs : s’engager concrètement en faveur de la biodiversité locale et créer un espace de rencontre et d’ateliers partagés pour les Anzynois.

Le déclencheur opérationnel a été le lancement d’un Appel à Projet par la Fondation Bouygues Télécom axé sur les impacts environnementaux et sociaux, offrant l’opportunité idéale de concrétiser cette ambition à triple dimension : environnementale, sociale et sociétale.

 

Revaloriser une friche minière : le défi du sol

L’établissement disposait d’un atout : une grande prairie laissée en friche. Situé sur un ancien site minier, le terrain présentait néanmoins une contrainte technique de taille, révélée par les analyses : une très forte concentration de charbon dans le sol.

Pour surmonter cette difficulté, la MAS s’est fait accompagner par Beeforest, une structure spécialisée dans la création de micro-forêts urbaines. Cet accompagnement global a couvert toutes les étapes stratégiques et opérationnelles :

  • Ingénierie de projet : Recherche active de subventions et appui au montage de dossiers financiers.

  • Restauration agronomique : Analyse fine de la terre et enrichissement du sol via l’apport ciblé de terre végétale et de compost pour compenser les résidus miniers.

  • Sélection végétale : Choix rigoureux de 30 essences locales parfaitement adaptées à la nature du sol revalorisé (chênes, érables, merisiers, tilleuls, ormes, sorbiers, noisetiers, houx, troènes, charmes, etc.).

 

Un chantier participatif et 912 arbres plantés

En mars 2024, le projet est entré dans sa phase concrète avec la plantation de 912 arbres et arbustes sur une surface dense de 300 m². Ce moment fort a pris la forme d’un chantier participatif impliquant activement les résidents de la MAS, des écoles locales et des habitants de la commune. Ensemble, les participants ont procédé au paillage et aux premiers désherbages du site, favorisant l’inclusion et le partage d’expériences.

En matière d’entretien, la démarche privilégie la sobriété et l’autonomie : si un arrosage et un désherbage réguliers sont requis durant les deux premières années, la micro-forêt est conçue pour basculer ensuite en autogestion complète. Autour de la zone, la pratique du fauchage tardif préserve les écosystèmes. De plus, afin d’anticiper le changement climatique tout en profitant de la pluviométrie naturelle du Nord, un réseau d’irrigation alimenté par des cuves de récupération d’eau de pluie est en cours d’installation.

 

Des résultats concrets et un modèle récompensé

L’impact de cette initiative dépasse largement la simple végétalisation d’une zone non constructible :

  • Bénéfices environnementaux : Création d’un îlot de fraîcheur urbain, retour de la biodiversité et embellissement global du site hospitalier.

  • Bénéfices sociaux et inclusifs : Décloisonnement des publics en réunissant des personnes d’univers différents (usagers du médico-social, écoliers, riverains) qui n’ont pas l’habitude de se côtoyer. Le lieu accueille désormais des activités variées, comme des olympiades.

  • Rayonnement institutionnel : Une forte médiatisation de l’établissement et l’obtention d’un prix national décerné dans le cadre de l’UNAPEI pour le thème du « vivre ensemble ». La dotation financière de ce prix permettra d’ailleurs de financer de nouveaux projets associatifs complémentaires.

 

Un plan de financement partagé

Pour un coût global d’environ 25 000 € (englobant l’ingénierie, l’animation, la préparation des sols et les plantations), l’établissement a su mobiliser un large panel de partenaires externes pour limiter son reste à charge :

  • Fondation Bouygues Télécom : 15 000 €

  • Région Hauts-de-France : 6 371 €

  • Fondation Crédit Mutuel Nord Europe : 3 750 €

  • Département du Nord : 324 €

Le temps de travail interne a été principalement alloué à l’ingénierie financière. Les aménagements futurs et projets connexes de la micro-forêt seront quant à eux directement autofinancés.

Les conseils de la MAS pour essaimer l’initiative

  1. Anticiper : Mener une veille active et régulière sur les Appels à Projets (fondations, collectivités) pour sécuriser les financements.

  2. S’inspirer : Se renseigner sur les retours d’expérience de structures ayant déployé des projets similaires.

  3. S’entourer : Ne pas se lancer seul ; s’appuyer sur l’expertise de professionnels spécialisés pour garantir la viabilité agronomique et la réussite humaine du projet.