Le DD et la gestion des déchets comme fil conducteur de sa vie

Française de coeur, allemande de nationalité, Wiebke travaille au C2DS depuis 2010 en tant que cheffe de projet.

« J’ai plusieurs casquettes : les clubs métiers, la veille réglementaire et les relations internationales. »

Le premier déclic :

« Je devais avoir 7 ou 8 ans quand j’ai accompagné mon père à la décharge. Pas la déchèterie, une vraie décharge. »

Face à cette immensité, Wiebke s’interroge :

« Mais c’est ça le système des grands, des adultes ? (…) Il y a quand même un bug dans la matrice quelque part. »

Elle n’a « pas de conscience de la gestion des déchets », ni « de la quantité que produisait la société de consommation ».

Mais elle ressent l’inacceptable.
À la maison, ses parents sont adhérents à Greenpeace.

« Nous recevions les magazines de Greenpeace, et moi, j’avais le droit de les lire. » Très tôt, elle comprend que « la protection de l’environnement a une dimension politique ».

En 2002, elle arrive en France pour un Master grâce au programme Erasmus. Elle rejoint Greenpeace France, en stage, puis en CDD sur la « campagne toxiques », mobilisée sur le règlement REACH. Elle participe aux « lobby-push au Parlement européen », découvre « la puissance et les limites » du travail politique. Elle en garde « des étoiles dans les yeux » parce que « ça avait tellement de sens. »

Wiebke a trouvé sa voie !

Elle intègre ensuite ce qui s’appelle aujourd’hui Zero Waste France, prend en charge la réduction et la gestion durable des déchets et co-rédige le premier rapport grand public sur l’obsolescence programmée. Elle y rencontre le C2DS qu’elle rejoint en 2010 ;

« ça avait du sens pour moi, parce qu’il y a cette dimension collective, de réseau…»

L’un de ses premiers dossiers concerne les critères DD nouvellement présents dans la certification HAS. Elle collecte des bonnes pratiques des adhérents sur le terrain. Depuis 2012, elle porte la veille juridique et réglementaire. C’est là que son engagement trouve toute sa cohérence.

« La réglementation, ce n’est rien d’autre que la trace écrite d’un engagement collectif et un élément mobilisateur pour que les acteurs de la société aillent tous dans la même direction, vers une société plus durable. »

Elle observe un basculement majeur sur les dix dernières années :

« Aujourd’hui, le DD c’est beaucoup d’obligations réglementaires complétées par des initiatives volontaires. Quand j’ai commencé en 2010, c’était l’inverse. »

Le terrain inspire aussi la norme :

« Puisque ça existe sur le terrain, puisque c’est possible, alors, on peut le transformer en obligation pour tout le monde. A partir du moment où c’est dans la réglementation, c’est pareil pour tous. »

Pour elle, la loi protège.

« Si elle est bien pensée, c’est vraiment un outil extraordinaire pour nous amener et nous protéger. »

Wiebke cherche à rendre la réglementation accessible à travers les clubs métiers et sa « pastille ». Elle « pointe les liens entre les textes et le contexte », fait aussi la navette avec les services concernés des ministères et parallèlement fait remonter « les besoins, les attentes et les actions des établissements engagés auprès des ministères ».

« Au C2DS, on est des facilitateurs, (…) on apporte l’accès à un réseau », on relie des établissements privés et publics « qui ne se seraient sans doute jamais croisés ».

Son conseil :

« agir au quotidien avec conviction. Parce qu’il existe mille et une façons d’agir en faveur du DD de la RSE. Et bien sûr … apprendre à aimer la réglementation ! »