Directrice générale du SSTRN – Service de prévention et de santé au travail interentreprise de la Région Nantaise
Anne dirige le service depuis six ans.
« Préalablement, j’ai eu une vie professionnelle riche et passionnante : j’ai commencé comme infirmière à l’hôpital. »
Très vite, elle ressent le besoin d’agir sur des modèles durables et reprend ses études pour se tourner vers la direction d’établissement. Après un passage dans une petite structure sociale, elle intègre AGIRC ARRCO pour piloter des activités sociales, médico-sociales et de santé. Elle y rencontre des partenaires sociaux sensibles à la RSE.
Pionnière dans l’âme, elle saisit cette opportunité.
« Je savais que j’avais la capacité, dans mon poste, de pouvoir être un défricheur. Aussi, quand ce thème s’est présenté, je me suis dit que c’était une opportunité pour ce secteur médico-social et la santé. »
Avec l’Université Lyon 1, la CNSA et Primum Non Nocere notamment, elle développe des diagnostics, des actions et évaluations qui débouchent sur des guides concrets — bien avant ceux de l’ADEME ou de la CNSA. Leur originalité ? Des solutions simples, économiques et efficaces sur des sujets comme l’alimentation ou la réduction des produits chimiques…
« C’étaient plein d’astuces qui ont été valorisées économiquement et validées par des modèles éprouvés. »
Pour Anne, l’obstacle financier est un faux problème :
« En fait, il faut prendre le sujet dans l’autre sens : étudier quelles sont les actions qui peuvent générer des économies et chercher où les réinvestir pour mener des actions qui mobiliseront des moyens. »
Souhaitant quitter l’Île-de-France, elle part vers l’ouest et rejoint le domaine de la prévention et de la santé.
« J’aime les choses concrètes. Si on a des intentions mais qu’elles ne se traduisent pas en pratique dans la vraie vie, ça n’a pas beaucoup d’intérêt (…). »
En entrant au SSTRN, une démarche RSE est amorcée. Malgré le coup d’arrêt du Covid, elle poursuit la dynamique et en fait une ambition, un plan d’action pour 2022-2026 : rencontres, procédures d’achats, critères, filières, réflexions…
« Le métier de prévention en santé doit être reconnu comme un levier de la RSE auprès de nos entreprises adhérentes. »
Le SSTRN obtient en 2024 le label THQSE (argent), et bientôt une certification professionnelle.
« L’engagement dans le label était important pour être légitimes à nous exprimer sur les questions de RSE. »
Pour Anne, c’est un moyen d’embarquer les adhérents avec des actions concrètes.
« Vous voulez vous engager dans une démarche RSE ? Pensez prévention ! ».
« On commence par faire un diagnostic, puis poser un plan d’action, et évaluer ce plan périodiquement pendant et à l’issue de la période, afin d’améliorer le processus. Si on n’envisage la RSE que sous l’angle environnemental, cela devient rapidement du greenwashing, et on dessert la démarche globale et la traduction dans le quotidien».
« Il faut traduire concrètement les choses et ne pas rester sur une intention ; ce qui est intéressant, c’est qu’une fois qu’on a mis le doigt dedans, on y met le bras ! »
Un conseil ?
« Ce qui est essentiel, c’est la politique des petits pas : on commence par un sujet pragmatique, potentiellement, qui peut générer des économies pour pouvoir investir sur d’autres sujets… Ainsi, on initie le cercle vertueux. En plus, ça donne du sens au quotidien, particulièrement dans le secteur médico-social ou santé, et cela aussi, c’est vraiment important… »
